GPI Nr. 3/2006

 

 

 

 


 


5 Fragen an Mireille Dubois, Spitex-Verband Schweiz - 5 Questions à Mireille Dubois, Association Suisse des services d'aide et de soins à domicile

1. Frau Dubois, wer sind Sie? Madame Dubois, qui êtes-vous?
Après ma formation d'infirmière à Genève, j'ai travaillé dans des hôpitaux de l'arc lémanique. Puis, j'ai étudié les sciences politiques à l'Université de Lausanne et complété ma licence par une formation en administration publique. Ensuite, j'ai travaillé 8 ans comme secrétaire cantonale du Groupement valaisan des centres médico-sociaux (aide et soins à domicile, aide sociale) avec comme mandat complémentaire la coordination de la mise en œuvre de la loi fédérale de l'aide aux victimes d'infractions en Valais.
Depuis plus de 3 ans, je travaille à l'Association suisse des services d'aide et de soins à domicile chargée notamment de suivre les dossiers relatifs à la LAMal (Parlement et administration fédérale), aux négociations tarifaires avec santésuisse, à la statistique nationale de l'aide et des soins à domicile.

2, Sie engagieren sich im Vorstand der SGGP. Was motiviert Sie dazu? Vous êtes membre du comité de la SSPS. Qu'est-ce qui a motivé votre engagement?
Par l'origine professionnelle, institutionnelle et géographique variée des membres du comité, la SSPS permet de traiter de la politique de santé sans devoir se soucier de la défense d'intérêts particuliers.

3. Die Kosten im schweizerischen Gesundheitswesen steigen und steigen und die Spitex muss nicht selten als Prügelknabe hinhalten, obwohl nur rund 2 Prozent der Gesundheitskosten auf sie entfallen. Worauf führen Sie das zurück? Les coûts du système de santé suisse croissent sans cesse. Il n'est pas rare que les soins à domicile soient le souffre-douleur bien qu'ils ne constituent que 2 % des coûts de santé. A quoi attribuez-vous cela ?
La mise en cause des soins à domicile comme facteur d'accroissement des coûts a effectivement été très présente les années précédentes, surtout en Suisse alémanique. Cette perception régionale différente est en partie due à des raisons historiques. En Suisse alémanique, avant l'entrée en vigueur de la LAMal, les soins à domicile dépend(ai)ent souvent des lois cantonales d'aide sociale, alors qu'en Romandie, la base légale était généralement la loi sur la santé car les soins à domicile sont perçus comme élément de la chaîne de soins. Cette différence de conception a notamment un effet sur les caractéristiques des résident-e-s en établissements médico-sociaux (EMS) (notamment la moyenne d'âge).
A mon avis les éléments expliquant pourquoi les soins à domicile sont considérés comme facteurs de l'augmentation des coûts de la santé, sont :

  • la prise en charge obligatoire de ces prestations par l'assurance-maladie date de l'entrée en vigueur de la LAMal ;
  • le lieu de soins n'est pas visible et donc pas clairement identifiable ;
  • la technicité des soins à domicile et le frein aux transferts dans d'autres lieux de soins ne sont pas au mieux (re)connus, au pire niés ;
  • l'organisation des soins et la responsabilité institutionnelle ne dépendent pas du corps médical ;
  • les professionnel-le-s sont très majoritairement des femmes ;
  • au début tout au moins, la représentation nationale de ce secteur des soins était faible.

A cela s'ajoutent peut-être une perte conséquente de contrats d'assurance complémentaire suite à l'entrée en vigueur de la LAMal ainsi que la difficulté de chacun-e de se projeter personnellement dans le futur avec une/des déficience(s) physique(s) et/ou mentale(s).
En outre, mettre en cause un "petit" fournisseur de prestations peut déranger moins d'intérêts et, par conséquent, faire moins de vagues.
Actuellement, la "cause" des maux financiers de l'assurance-maladie se déplace vers les personnes âgées toutes considérées comme des malades chroniques qui constitueraient la seule clientèle des soins à domicile. Ce déplacement "générationnel" permet d'inclure d'autres fournisseurs de prestations sans les nommer et sans résoudre les problèmes de fond, ainsi que d'exclure les personnes au-dessous de l'âge AVS ayant besoin de soins à domicile.

4. Die Schweiz steht vor grossen Herausforderungen im Bereich der demographischen Entwicklung. Welche Rolle kann bzw. soll Spitex Ihres Erachtens dabei übernehmen? L'évolution démographique place la Suisse devant de grands défis. A votre avis, quel rôle peut, respectivement doit, remplir l'Aide et soins à domicile ?
L'Aide et soins à domicile peut réellement contribuer à atténuer les conséquences sur les coûts de la santé dont une part seulement est due à l'évolution démographique. Le maintien en santé et/ou le frein à la péjoration de maladies permettent ainsi augmenter les années de vie sans handicap et/ou retarder les transferts dans les EMS. Cela est possible notamment par un soutien renforcé aux proches soignants, par des visites préventives à domicile régulières et par des prestations à domicile 7/7 jours. Pour cela, un mandat clair et des ressources adéquates sont nécessaires.
La prise en compte des besoins de la population est un choix de société, donc politique et financier. Quelques soient les orientations politiques (ou leur absence), il y aura des conséquences financières, mais leur répartition sera différente.
Le débat actuel sur le financement des soins me fait douter de la volonté politique d'avoir un choix définissant les responsabilités des différents acteurs.

5. Wenn Sie die Gesundheitspolitik in der Schweiz ansehen, was gefällt Ihnen, was missfällt Ihnen? Lorsque vous regardez la politique de santé en Suisse, qu'est-ce qui vous plaît et vous déplaît ?
Vu notre diversité culturelle, la possibilité d'expérimenter régionalement/cantonalement en fonction des nécessités et du dynamisme local sans devoir attendre l'accord de la majorité nationale est un élément positif.
Toutefois, le fédéralisme est aussi un facteur de dilution des responsabilités, de faibles vue d'ensemble nationales. Cela induit une inégalité de traitement liée au domicile vu les variations notamment d'offres de prestations, de répartitions de classes d'âge, de définitions de personnes nécessitant un soutien spécifique.
D'autre part, la répartition des coûts différente selon les fournisseurs de prestations du secteur de la santé ne favorise pas une réflexion globale sur les répercussions positives ou négatives pour la santé de la population et la continuité des prises en charge.


Quelle: "Gesundheitspolitische Informationen" (GPI), Nr. 3/2006.