5 Fragen an Mireille
Dubois, Spitex-Verband Schweiz - 5 Questions à Mireille Dubois, Association
Suisse des services d'aide et de soins à domicile
1. Frau Dubois, wer sind Sie? Madame Dubois, qui êtes-vous?
Après ma formation d'infirmière à Genève, j'ai travaillé
dans des hôpitaux de l'arc lémanique. Puis, j'ai étudié
les sciences politiques à l'Université de Lausanne et complété
ma licence par une formation en administration publique. Ensuite, j'ai travaillé
8 ans comme secrétaire cantonale du Groupement valaisan des centres médico-sociaux
(aide et soins à domicile, aide sociale) avec comme mandat complémentaire
la coordination de la mise en uvre de la loi fédérale de
l'aide aux victimes d'infractions en Valais.
Depuis plus de 3 ans, je travaille à l'Association suisse des services
d'aide et de soins à domicile chargée notamment de suivre les
dossiers relatifs à la LAMal (Parlement et administration fédérale),
aux négociations tarifaires avec santésuisse, à la statistique
nationale de l'aide et des soins à domicile.
2, Sie engagieren sich im Vorstand der SGGP. Was motiviert Sie dazu? Vous
êtes membre du comité de la SSPS. Qu'est-ce qui a motivé
votre engagement?
Par l'origine professionnelle, institutionnelle et géographique variée
des membres du comité, la SSPS permet de traiter de la politique de santé
sans devoir se soucier de la défense d'intérêts particuliers.
3. Die Kosten im schweizerischen Gesundheitswesen steigen und steigen und
die Spitex muss nicht selten als Prügelknabe hinhalten, obwohl nur rund
2 Prozent der Gesundheitskosten auf sie entfallen. Worauf führen Sie das
zurück? Les coûts du système de santé suisse croissent
sans cesse. Il n'est pas rare que les soins à domicile soient le souffre-douleur
bien qu'ils ne constituent que 2 % des coûts de santé. A quoi attribuez-vous
cela ?
La mise en cause des soins à domicile comme facteur d'accroissement des
coûts a effectivement été très présente les
années précédentes, surtout en Suisse alémanique.
Cette perception régionale différente est en partie due à
des raisons historiques. En Suisse alémanique, avant l'entrée
en vigueur de la LAMal, les soins à domicile dépend(ai)ent souvent
des lois cantonales d'aide sociale, alors qu'en Romandie, la base légale
était généralement la loi sur la santé car les soins
à domicile sont perçus comme élément de la chaîne
de soins. Cette différence de conception a notamment un effet sur les
caractéristiques des résident-e-s en établissements médico-sociaux
(EMS) (notamment la moyenne d'âge).
A mon avis les éléments expliquant pourquoi les soins à
domicile sont considérés comme facteurs de l'augmentation des
coûts de la santé, sont :
- la prise en charge obligatoire de ces prestations par l'assurance-maladie
date de l'entrée en vigueur de la LAMal ;
- le lieu de soins n'est pas visible et donc pas clairement identifiable ;
- la technicité des soins à domicile et le frein aux transferts
dans d'autres lieux de soins ne sont pas au mieux (re)connus, au pire niés
;
- l'organisation des soins et la responsabilité institutionnelle ne
dépendent pas du corps médical ;
- les professionnel-le-s sont très majoritairement des femmes ;
- au début tout au moins, la représentation nationale de ce
secteur des soins était faible.
A cela s'ajoutent peut-être une perte conséquente de contrats
d'assurance complémentaire suite à l'entrée en vigueur
de la LAMal ainsi que la difficulté de chacun-e de se projeter personnellement
dans le futur avec une/des déficience(s) physique(s) et/ou mentale(s).
En outre, mettre en cause un "petit" fournisseur de prestations peut
déranger moins d'intérêts et, par conséquent, faire
moins de vagues.
Actuellement, la "cause" des maux financiers de l'assurance-maladie
se déplace vers les personnes âgées toutes considérées
comme des malades chroniques qui constitueraient la seule clientèle des
soins à domicile. Ce déplacement "générationnel"
permet d'inclure d'autres fournisseurs de prestations sans les nommer et sans
résoudre les problèmes de fond, ainsi que d'exclure les personnes
au-dessous de l'âge AVS ayant besoin de soins à domicile.
4. Die Schweiz steht vor grossen Herausforderungen im Bereich der demographischen
Entwicklung. Welche Rolle kann bzw. soll Spitex Ihres Erachtens dabei übernehmen?
L'évolution démographique place la Suisse devant de grands défis.
A votre avis, quel rôle peut, respectivement doit, remplir l'Aide et soins
à domicile ?
L'Aide et soins à domicile peut réellement contribuer à
atténuer les conséquences sur les coûts de la santé
dont une part seulement est due à l'évolution démographique.
Le maintien en santé et/ou le frein à la péjoration de
maladies permettent ainsi augmenter les années de vie sans handicap et/ou
retarder les transferts dans les EMS. Cela est possible notamment par un soutien
renforcé aux proches soignants, par des visites préventives à
domicile régulières et par des prestations à domicile 7/7
jours. Pour cela, un mandat clair et des ressources adéquates sont nécessaires.
La prise en compte des besoins de la population est un choix de société,
donc politique et financier. Quelques soient les orientations politiques (ou
leur absence), il y aura des conséquences financières, mais leur
répartition sera différente.
Le débat actuel sur le financement des soins me fait douter de la volonté
politique d'avoir un choix définissant les responsabilités des
différents acteurs.
5. Wenn Sie die Gesundheitspolitik in der Schweiz ansehen, was gefällt
Ihnen, was missfällt Ihnen? Lorsque vous regardez la politique de santé
en Suisse, qu'est-ce qui vous plaît et vous déplaît ?
Vu notre diversité culturelle, la possibilité d'expérimenter
régionalement/cantonalement en fonction des nécessités
et du dynamisme local sans devoir attendre l'accord de la majorité nationale
est un élément positif.
Toutefois, le fédéralisme est aussi un facteur de dilution des
responsabilités, de faibles vue d'ensemble nationales. Cela induit une
inégalité de traitement liée au domicile vu les variations
notamment d'offres de prestations, de répartitions de classes d'âge,
de définitions de personnes nécessitant un soutien spécifique.
D'autre part, la répartition des coûts différente selon
les fournisseurs de prestations du secteur de la santé ne favorise pas
une réflexion globale sur les répercussions positives ou négatives
pour la santé de la population et la continuité des prises en
charge.
Quelle: "Gesundheitspolitische Informationen"
(GPI), Nr. 3/2006.